Je travaille depuis plusieurs années dans le développement et s’il y a une chose qui m’a toujours profondément dérangé, c’est ce terme de « pays sous-développé ».

Ne pourrait-on pas simplement parler de « soutien au développement » ?

Aujourd’hui, tout monde veut aller en Afrique pour y faire des affaires.

Parallèlement, des conférences s’organisent dans le monde entier chaque jour avec les mêmes slogans évocateurs… mais en réalité personne ne prend vraiment en considération le fondement d’un développement durable gagnant-gagnant.

Je pense qu’il est temps que l’Afrique prenne son destin en main.

Assez de diagnostics et de belles paroles !!

Il est maintenant clair que la solution aux problèmes de l’Afrique se trouve entre les mains des Africains et non entre celles des occidentaux.

Ceci est ma conviction et ma vision de l’Afrique : elle doit se libérer de ses vieux démons datant de la colonisation pour pouvoir avancer et construire son avenir.

J’aimerais parler en outre des difficultés que les Etats africains rencontrent lorsqu’il s’agit de créer des sociétés multinationales ou de grands consortiums régionaux.

Je ne comprends pas pourquoi l’Afrique n’arrive pas à créer de grands groupes pétroliers, agro-alimentaires, de transport, financiers et miniers pour ne citer que ceux-là.

L’Afrique dispose de grandes ressources mais elle n’a pas de grandes sociétés pour les exploiter… pourtant cela permettrait un développement Afrique-Afrique !!!!

Pour autant, je ne dis pas NON aux investissements de l’Occident, il faut simplement qu’elles se fassent dans un cadre de développement gagnant-gagnant.

Cela nécessite un accompagnement à la formation et un développement durable autour des lieux en construction pour permettre aux populations de bénéficier indirectement des investissements, par le biais de structures telles que des écoles, parcs, et autres infrastructures secondaires.

Il ne suffit pas de dire « je veux développer et investir en Afrique » pour connaître l’Afrique.

L’Afrique est comme mère nature : il faut savoir l’aimer, la comprendre et la respecter.

Le jour où l’on va intégrer le fait que l’Afrique est un diamant brut qui ne demande qu’à être taillé dans le respect de sa nature, le jour où l’on prendra la peine de l’aimer à sa juste valeur, ce jour seulement nous pourrons dire « nous avons développé l’Afrique dans le respect de son âme ».

Un des moyens pour atteindre ce but est de mettre en place une politique de formation obligatoire auprès des investisseurs étrangers et locaux.

Elle servira à donner la priorité aux populations jusqu’à ce que les citoyens soient intégrés dans les projets de développement et les programmes gouvernementaux.

Car en effet, les bonnes performances économiques de l’Afrique sont cependant relatives.

L’indice de développement humain reste très faible dans la plupart des pays africains.

Sur un continent où les taux de chômage restent élevés, c’est un véritable paradoxe de voir de nombreux postes s’ouvrir pour des techniciens, des ingénieurs, cadres supérieurs, informaticiens ou encore des électriciens… car bien entendu le nombre de personnes qualifiées en Afrique est ridiculement faible.

Une de mes interrogations est la suivante :

Les pays dits développés aident soi-disant l’Afrique avec des millions d’Euro.

L’aident-ils vraiment quand on analyse les résultats obtenus ?

La jeunesse africaine, ce n’est pas que l’Afrique de demain, c’est déjà l’Afrique d’aujourd’hui.

Les chefs d’État et de gouvernement et les multinationales étrangères qui ne s’en étaient pas rendu compte n’ont d’autre choix que d’en prendre conscience.

La jeunesse est plus qu’une composante de la société africaine.

Elle en est d’ores et déjà sa principale composante.

Suscitant l’espérance mais également de nombreuses préoccupations, l’enjeu de l’encadrement et de l’accompagnement de cette jeunesse sera la clé de voute du développement de l’Afrique.

La jeunesse africaine ne doit pas désespérer : sachez que la jeunesse occidentale se trouve aussi dans le désarroi. Bien qu’en ayant beaucoup plus l’accès à l’éducation, les études ne la protègent plus du chômage ni même d’une situation précaire.

Aujourd’hui, le jeune africain a son destin en main, mais celui-ci passera forcement par un éveil des consciences !!!

Il n’y a pas de mal incurable avec des hommes de bonne volonté

Le monde n’a pas besoin de grands discours, le monde a besoin de concret 

JEAN MARC HENRY

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